Comptes Rendus des Séances de la Société de Biologie et de ses Filiales
📄 Abstract
k’ La physiologie forme la derniere branche fondamentale de la bio- logie ; c’est e!!e qui eludie direclemenl les fonclions de chaque organe.Chacune de ces divisions s’appuie sur celle qui la precede, comme la science de Porganisalion tout entiere s’appuie sur la chimie, et lesfaits dont elles s’occupent sont de plus en plus generaux et compliques.Mais reci- proquement Tetude de la science qui suit sert a reviser, a controler les notions acquises dans celle qui precede.Elles s’enchainent done Tune a l’aulre, et sont rangees suivant le degr6 de complication des ph6nomenes dont elles liaitenl et de leur dependance reciproque.De ce que les sciences se prelent un mutuel appui en servant Tune a controler l’aulre , et reciproquement, de ce que surtout on ne peut aborder rationnellement Petude de Pune sans s’appuyer sur les notions fourniespar celle qui precede, ce n’est pas a dire pour cela qu’elles ne soient pas distinctes, ou que celle qui suit soit un corollaire de la precedente ; car, a ce litre, il faudrait admetlre que la biologie derive de la chimie, el ainsi de suite.Aucune d’elles ne peut rentrer dans l’aulre ; chacune a son champ neltement limite, ma!gr£ des points de contact frequents, et ces limites ne peuvent elre franchies sans beaucoup d’obscurite” repandue sur le sujet qu’on veut eclairer.Peut-etre s’6tonnera-t-on de ne pas nous voir enume>er plusieurs sortes d’anatomie, a Pexemple de presque tous les auteurs.C’est qu’il n’y a en eflet qu’une seule sorte d’anatomie.Depths que le g£nie de Bichat et les Iravaux des modernes sont venus achever l’analyse anatomique des 6tres, qu’on commenca spontanement par la division du corps en appareils et en organes, elle eludie les etres organises sous cinq points de vue.En premier lieu se presente l’examen des elements anatomiques ou organiques, fibres, tubes, cellules, etc.; 2° celui des lissus proprement dits, resultant de l’arrangemenl reciproque d’une ou plusieurs especes d’616ments anato- miques : c’est Vhislologie.telle qu’elle a et£ comprise par Mayer, le crea- leur du mot en 1819; 3° celle des systemes de lissus, envisageant surtout les lois de la distribution de ceux-ci dans Peconomie ; h° vient ensuite P6- tude des urganes, Panatomie descriptive : 5° enfin celle des appareils, 1, VI uvaiome animata, la plus compliqu6e, la moins g esse le plus directement; c’esl, a quelques exceptions pres, le seul qui nous soil immedialement utile.Nous devons par consequent reconnaitre que c’esl sa structure qu’il faut toujours avoir pour but d’eclairer en eludiant un ani- mal quelconque ; et de meme, en faisant l’anatomie, c’esl la connaissance des fonclions que nous devons toujours avoir en vue.Nous le r^peterons : l’«oalomie et la physiologie de I’homme ne sauraient etre bien connues VI! qu’a l’aide d’une 6tude approfondie de celle des animaux, qui nous montrent s6parement ce-qui est re.uni chez lui.La theorie des analogues, si singulierement repouss^e, n’est au Ire chose que la methode comparative envisaged philosophiquement.Ajoutons , en terminant , que la biologie a la proprieHe” de developper Vart des classifications au plus haut degre tandis qu’il etait presque nul dans les autres sciences, et que la science sociale, celle qui e” tudie les elres te.unis et organises en society, a pour principal moyen delude la methode historique, on elude de la filiation des faits.Nous venons d’envisager la biologie au point de vue abstrait, c’est-a- dire conside’rant les etresen general.Au point de vue concret, c’est-a-dire individuel, descriptif ou d’appti- calion, elle se divise en deux branches.En premier lieu, Vhistoire nalurelte proprement dile, science qui envi- sage isnlemenl cliaque esptee d’etres succe^sivement sous les qualre points de vue, anatomique, biotaxique, de la science des milieux et physiologique, de’ja etudies d’une maniere ge’ne’rale pour l’ensemble des etres.Puis vient la palhologie, histoirc non naturelle, science comptemen- taire, extension des prteedentes a des eHats accidentels, et base’e sur leur etude ; elle est destined a nous faire connaitre, a l’aide d’une connaissance exacte et indispensable de l’e”tat normal, les alterations que peuvenl subir les organes, afin d’arriver par cette connaissance a relablir cet elat nature!.Kile n’est encore ^tudie’e, selon son importance, que chez l’bomme ; ses progres ne sonl si lenls queparce qu’a l’exception de quelques esprits emi- nents, la plupart des pathologistes negligent les mate’riaux fournis par 1’eHude des maladies des animaux.Ge n’est pas tout encore : a c6te de chaqiie science nous pouvons voir un art principal se ddvelopper d’une mauiere correspondante.A cole” de la g£ome trie l’archilecture ; a l’astronomie r6″pond l’art nautique ; a la physi- que et la chimie r^pondent les arts industriels; eufin, en biologie, a Phis- toire naturelle correspondent l’art de la culture des ve”ge”taux et de la domestication des animaux; a cote” de la palhologie se range Vart medical III C’est pour nous le plus iuiporlan!, cflui vers lequel lendent naturelleiheol tous nos Iravaux.Nous aurions pu y joiudre Pari de V hygiene, place spt- eialement a c6te de l’elude scienlilique des milieux; Yarl obstetrical, a role d’une des parlies de la physiologie.Enfin, les differenles branches de I’eslheHique puisent loules leurs inspirations dans l’elude des phenomenes sociaux.Toules cherclienl a les reproduire, a les exprimer de la maniere la plus reguliere, la plus li.eorique, en eliminanl loul ce qui peul nuire a I’idee du resultat effeclif.L’anatomie, la physiologie el inenie la paliiologie, considerees comnie sciences, sont acluellemenl assez avancees pour que nous n’ayons desor- mais plus besoin d’etre stimules par l’6lude des alterations palhologiques et les exigences de la pratique de 1’art medical pour remonler a l’elude de l’£tat normal.Du reste, deja Irop d’exeraples sont venus nous montrer qu’en agissant de la sorle, on avail souvenl decrit comme palhologiques des dispositions normales dont l’elude n’avail pas ete faile, pour que nous hesitions a nous proposer pour bul l’elude directe de 1’etat normal, et descendre ensuile a l’observation des alterations morbides, laissant au genie de chacun tout ce qui concerne les applications a l’art medical.On ne saurait douter que celte marche n’ait plus tard, sur la pratique de la medecine, la merae influence que l’elude de la physique el de la chimie pure out eue dans la moitte de ce siecle sur les arts industriels.Aussi ne rechercheronsnous pas ces observations chargees de chiffres dans lesquelles, sans tenir comple de nos connaissances acluelles en physiologie, on semble refaire en quelque sorle l’hisloire nalurelle du malade jusque dans ses plus minulieux details, comme si c’elail une nouvelle espece d’elre encore inconnu.Ne doit-on pas, au contraire, considerer comme connus l’etat normal el les limites dans lesquels il est susceptible de varier ?N’est-ce pas d’une maniere incessamment comparative que doivenl 6tre faites ces descriptions?II y a certainement autre chose que de lindifference dans cette repulsion instinctive qu’inspirent ces Iravaux, qui, s’ils pouvaient etre suivis pour modeles dans I’etude de chaque affection, rendraienl materiellemeut impos- sible l’elude de la biologie meme specialised a lHjomme seul.Ce n’est pas IX Inexactitude dans les observations que nous repoussons ici, mais ce vice de methode qui cherche a introduire dans l’etude des corps organises une pre- cision matbimatique que la nature trop complexe de leurs ph^nomenes ne comporte plus.Ainsi le demontre l’experience, et d’ailleurs tous les faits chimiques et une grande partie des pbinomenes physiques ne peuvent d6ji plus en recevoirl’application.Si en choisissant un litre aussi general que celui de Societe de biologie, nous embrassons un vaste sujet d’etude, ce n’est pas sans connaissance des choses.D’abord nous envisageons les vegetaux aussi bien que les animaux, et nous n’avons pas s6pare” encore leur etude, parce qu’il n’est pas une des divisions indiqutes plus haut qui ne se rapporte aux uns aussi bien qu’aux autres, tant sous le point de vue statique que sous celui des actions, etc. Ce titre, et
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